LP SÉCURITÉ

Les arrêts cardiaque en France


Rédigé le Lundi 4 Février 2019 à 10:51 | Lu 109 commentaire(s)


Le Centre d’Expertise de la Mort Subite (CEMS) recueille de manière exhaustive les données sur les arrêts cardiaques (AC) de la région parisienne (départements 75, 92, 93, 94).
Au 28 février 2018, le registre du CEMS avait inclus 26 282 patients. 5970 (23 %) ont été admis vivants à l’hôpital et 1 289 sont survivants (5 %). 72 % des arrêts ont lieu au domicile. La réanimation est démarrée par un témoin dans 45 % des cas. Les premiers secours arrivent en moyenne au bout de 9,3 minutes. Le taux de survie a doublé entre 2005-2008 et 2014-2015 (3).


Le registre « RéAC » a aujourd’hui un recul de quatre ans et demi. Il estime le nombre d’arrêts cardiaques en France chaque année à 46 000 (4). Les informations recueillies quotidiennement permettent d’évaluer leur prise en charge, de l’appel aux services de secours à l’arrivée à hôpital, et ainsi d’améliorer les pratiques médicales. Pour les AC non traumatiques pris en charge par les SMUR (Structures Mobiles d’Urgence et de Réanimation), le taux de survie à 30 jours est de 7,8 %. Une étude de cohorte a été réalisée entre juillet 2011 et le 31 décembre 2017, à partir des données de 294 SMUR et 94 Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) (5). Sur 61 291 AC non traumatiques, 6 023 (9,8 %) ont bénéficié de la pose par les témoins d’un DAE grand public. 1 566 (26 %) ont bénéficié d’un choc électrique externe (CEE). Si l’on compare les patients pris en charge sans DAE et ceux ayant bénéficié d’un choc électrique externe délivré par un DAE posé par les témoins, la survie à l’admission à l’hôpital est respectivement de 19,5 et 55 % (p < 10-6). La survie à 1 mois avec pas ou peu de séquelles neurologiques est respectivement de 5,2 et 36,1 % (p < 10-6).
L’analyse du registre « RéAC » note cependant une tendance à la baisse des taux d’utilisation des DAE par les témoins. En effet, on enregistrait 10,7% de mise en place de DAE en 2012, alors qu’ils n’étaient posés que dans 6,1% des cas en 2017 (Figure 1). Pourtant, les taux de réanimation par les témoins étaient relativement stables sur la période 2011-2017. Une campagne de communication autour de l’intérêt et de l’innocuité de ces dispositifs auprès du grand public semble indispensable.
 
Les résultats du registre tendent à montrer que l’information et la formation du public sont des critères majeurs favorisant l’utilisation de tels outils. En effet, chez les témoins qui avaient posé un DAE, plus de 8 sur 10 avaient été formés aux gestes qui sauvent. Parmi eux, 72,5% n’avaient reçu qu’une brève formation de moins de 3 heures. Bien que les témoins osant utiliser ce type de dispositif étaient très souvent formés, il semblerait que l’utilisation d’un DAE ne soit pas réservée aux témoins disposant d’une formation longue. Une courte formation/information suffisait pour leur permettre de dépasser l’appréhension liée à l’utilisation d’un appareil de ce type et pour leur donner les bons réflexes.
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Les données actualisées du registre « RéAC » confirment ainsi les résultats publiés préalablement par d’autres équipes, notamment japonaises et nord-américaines : la défibrillation réalisée par les premiers témoins à l’aide de DAE avant l’arrivée des prompt-secours et des secours médicalisés démontre son indiscutable efficacité (6, 7). 



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Publié par LP SÉCURITÉ le 16/07/2018 à 13:25

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